Publié le 15 mars 2024

En résumé :

  • Comprenez le snowpark comme un circuit avec des règles de flux : ne vous arrêtez jamais dans une zone aveugle comme une réception de saut.
  • Évaluez toujours votre niveau avant de vous engager sur un module en faisant un tour de reconnaissance et en maîtrisant les compétences de base sur piste.
  • Investissez dans des protections adaptées (dorsale niveau 2, casque) et sachez quand les remplacer, notamment un casque après un choc violent, même sans dommage visible.
  • Apprenez le bon geste d’impulsion (« pop ») pour éviter le déséquilibre et commencez dans des conditions de neige qui pardonnent les erreurs (neige de printemps).
  • Le respect des autres et la « lecture du terrain » sont plus importants que la technique pure pour s’intégrer et progresser en toute sécurité.

Le spectacle d’un snowpark a quelque chose de fascinant. La facilité apparente avec laquelle les riders enchaînent les sauts et glissent sur les rails peut donner envie à n’importe quel bon skieur de piste de s’y essayer. Pourtant, une fois au sommet de la première ligne, l’enthousiasme laisse souvent place à l’intimidation. Les modules semblent plus imposants, la vitesse plus difficile à juger et, surtout, un code non-écrit semble régir les lieux. Cette appréhension est saine : elle est le signe d’une conscience du risque. Beaucoup pensent que la clé est de « commencer petit » ou de « porter des protections », des conseils justes mais terriblement incomplets.

Ces recommandations de surface occultent l’essentiel. Le snowpark n’est pas simplement une piste avec des obstacles ; c’est un écosystème complexe avec ses propres lois physiques et sociales. Il a une grammaire qu’il faut apprendre à lire. Mais si la véritable clé n’était pas de maîtriser d’emblée une figure, mais plutôt de comprendre la logique des flux, l’anticipation des trajectoires et la lecture du terrain ? L’objectif n’est pas de ne pas tomber, mais de savoir où et comment tomber en minimisant les risques pour soi et pour les autres. C’est cette approche, celle d’un shaper qui conçoit et entretient ces espaces, que nous allons adopter.

Ce guide est conçu pour vous donner les clés de cette « grammaire du park ». Nous allons décortiquer les règles de survie, apprendre à évaluer un module, choisir le bon matériel, corriger l’erreur technique la plus fréquente et même déterminer le meilleur moment de la journée pour s’entraîner. L’objectif : transformer votre appréhension en une confiance éclairée, pour que votre première expérience en snowpark soit le début d’une nouvelle passion, et non la fin d’une saison.

Pourquoi ne jamais s’arrêter derrière une réception de saut est une règle de survie ?

Ne jamais s’arrêter dans l’axe d’un module, et surtout juste après une réception, est la règle d’or absolue du snowpark. Ce n’est pas une simple question de politesse, mais une règle fondamentale de survie. La raison est simple : cette zone est complètement invisible pour le rider qui est en l’air. Pour lui, vous êtes dans une zone aveugle totale jusqu’au dernier instant, rendant toute manœuvre d’évitement impossible.

En tant que shaper, je vois le park comme un réseau de flux balistiques. Un rider qui prend un kicker est un projectile : sa trajectoire est définie à l’impulsion. Il ne peut ni freiner ni tourner en l’air. Sa seule destination est la zone de réception prévue. S’arrêter à cet endroit, c’est comme faire une pause au milieu d’une piste d’atterrissage. Le risque de collision est maximal et les conséquences peuvent être dramatiques, car le rider qui arrive sur vous a une vitesse et une énergie cinétique importantes. Les statistiques le confirment : même sur des pistes classiques, près de 10% des lésions sont dues à des collisions, souvent avec des skieurs à grande vitesse.

Dès que vous avez atterri, votre premier réflexe doit être de dégager la zone de réception le plus rapidement possible en vous déplaçant sur les côtés. Ce n’est qu’une fois à l’abri, en dehors de l’axe du module, que vous pouvez vous arrêter pour reprendre votre souffle ou attendre vos amis. Intégrer cette règle, c’est commencer à développer sa conscience situationnelle, la compétence la plus précieuse dans un park.

Ligne verte ou bleue : comment évaluer si vous avez le niveau pour ce module ?

Le code couleur des lignes (vert, bleu, rouge, noir) est une première indication, mais il ne suffit pas. L’évaluation de votre propre niveau face à un module inconnu est une compétence qui se travaille. La méthode la plus sûre, utilisée par tous les riders expérimentés et les moniteurs, est le tour de reconnaissance. Avant de vous engager, descendez une première fois à côté de la ligne que vous visez. C’est une étape non négociable.

Ce premier passage vous permet de « lire » le terrain sans la pression de devoir exécuter une figure. Vous devez analyser plusieurs éléments clés :

  • La prise d’élan : Est-elle longue, courte, raide ? Observez la vitesse que prennent les autres riders.
  • Le module lui-même : Quelle est la taille du kicker (saut) ? Le rail est-il bas, haut, rond, plat ? Les modules les plus simples pour débuter sont les « boxs » (larges et plates) et les petits kickers à table (où l’on peut atterrir sans avoir à franchir un vide).
  • La zone de réception : Est-elle longue et large ? La pente est-elle douce pour un atterrissage en douceur ?

Pendant ce tour, observez attentivement les autres. Ne regardez pas seulement les figures, mais analysez leur vitesse, leur trajectoire et comment ils gèrent l’atterrissage. Cela vous donnera des informations précieuses sur la vitesse à adopter. Avant même d’entrer dans le park, assurez-vous de posséder certaines compétences de base sur une piste bleue classique. Une posture stable, la capacité de faire un petit saut en gardant l’équilibre et la maîtrise des virages sont des prérequis indispensables.

Rider observant attentivement un module de snowpark avant de s'engager

Comme on peut le voir, cette phase d’observation est un moment de concentration intense. Il s’agit de visualiser mentalement votre propre passage, d’anticiper vos mouvements et de construire un « capital confiance » basé sur une analyse rationnelle et non sur une impulsion. Si le moindre doute subsiste après votre tour de reconnaissance, c’est que vous n’êtes pas prêt. Passez au module plus simple d’à côté. L’humilité est la meilleure des protections.

Dorsale rigide ou souple : que choisir pour amortir les chutes sur les rails ?

Le port du casque est non négociable. Pour la colonne vertébrale, le choix d’une protection dorsale est tout aussi crucial, surtout lorsqu’on aborde les modules en métal comme les rails et les boxs. Une chute sur un rail n’est pas une chute sur la neige ; l’impact est localisé, dur et potentiellement très dangereux. La question n’est donc pas « faut-il une dorsale ? » mais « laquelle choisir ? ». On distingue principalement deux familles : les dorsales rigides et les dorsales souples intelligentes.

Les dorsales rigides, composées de plaques de plastique articulées, excellent dans la protection contre les impacts perforants et localisés. Imaginez tomber sur le coin d’un rail : la plaque rigide va répartir la force de l’impact sur une plus grande surface et éviter une blessure ponctuelle grave. Elles offrent une sécurité maximale contre ce type de choc, mais sont souvent perçues comme moins confortables et plus encombrantes.

Les dorsales souples, quant à elles, utilisent des matériaux « intelligents » comme le D3O® ou le SAS-TEC™. Ces technologies sont fascinantes : le matériau reste souple et malléable pour suivre vos mouvements, mais se rigidifie instantanément sous la force d’un impact pour absorber et dissiper l’énergie. Elles sont idéales pour les chutes « à plat » sur la neige, mais leur efficacité face à un impact très localisé peut varier. Bien que ce choix soit crucial pour les rails, comprendre les technologies de protection est utile pour toutes les chutes en park. Le tableau suivant synthétise les différences pour vous aider à faire un choix éclairé.

Comparaison des technologies de protection dorsale pour le snowpark
Technologie Type d’impact idéal Caractéristiques Niveau de protection
D3O® (souple) Impacts larges et chutes à plat Matériau viscoélastique qui change de forme selon la pression, retour à sa forme malléable après impact Niveau 2 disponible
SAS-TEC™ (souple) Impacts multiples et répétés Technologie allemande similaire au D3O avec bulles d’air permettant de revenir à l’aspect original après impact Niveau 2 disponible
Dorsale rigide Impacts localisés et perforants (coins de rails) Protection maximale contre les chocs ponctuels, moins de confort Niveau 2 standard

Pour un débutant qui se concentre sur les boxs (larges et plates) et les petits sauts, une dorsale souple de niveau 2 (nous y reviendrons) offre un excellent compromis entre confort et protection. Si votre objectif est de vous attaquer rapidement aux rails plus techniques, la sécurité additionnelle d’une dorsale rigide peut s’avérer un choix plus judicieux.

L’erreur d’impulsion qui déséquilibre 90% des premiers sauts en big air

Vous avez fait votre tour de reco, vous avez vos protections, vous êtes face à votre premier petit kicker. Vous prenez de la vitesse, vous arrivez sur la rampe et… vous vous retrouvez complètement déséquilibré en l’air, souvent avec une rotation arrière involontaire. C’est l’expérience de la quasi-totalité des débutants. Cette erreur n’est pas due à la peur ou à un manque d’équilibre, mais à une confusion technique fondamentale : celle entre un « pop » et un « ollie ».

En ski comme en snowboard, le saut de base sur un kicker se fait par un « pop » : une impulsion brève, sèche et parfaitement simultanée des deux pieds, au moment où vous quittez le sommet de la rampe. Le corps doit être gainé, centré et droit. Le but est de monter verticalement, en accompagnant la courbe du module. L’erreur classique est de vouloir « sauter plus haut » en faisant un « ollie ». Le ollie (un terme issu du skateboard et du snowboard) est une technique où l’on donne une impulsion d’abord avec le pied arrière pour « décoller » la planche, puis on gratte avec le pied avant. Sur un kicker, cette impulsion différenciée crée un couple de rotation qui vous projette en arrière.

Pour s’entraîner à automatiser le bon geste, il n’y a rien de mieux que de le pratiquer en dehors du park, sur des mouvements de terrain naturels. L’exercice du « Pop du Roller », qui consiste à trouver une petite compression sur une piste bleue et à s’en servir comme d’un mini-tremplin, est parfait pour ça.

Votre plan d’action : maîtriser le « Pop »

  1. Trouver le terrain : Repérez un petit mouvement de terrain naturel et doux sur une piste bleue ou verte.
  2. L’approche : Arrivez à vitesse modérée, bien fléchi, le buste droit et le regard fixé loin devant, sur la zone d’atterrissage imaginaire.
  3. L’impulsion : Au sommet de la bosse, donnez une impulsion brève, explosive et parfaitement synchronisée avec vos deux pieds. Pensez « bondir vers le haut », pas « sauter vers l’avant ».
  4. Le gainage : Pendant le court instant en l’air, gardez le buste et les abdominaux contractés pour rester stable.
  5. L’atterrissage : Amortissez en fléchissant les genoux et les chevilles, en gardant le regard haut.
  6. La répétition : Répétez cet exercice des dizaines de fois, jusqu’à ce que le mouvement devienne un réflexe.

Ce n’est qu’une fois que ce pop est devenu automatique et que vous atterrissez équilibré à chaque fois que vous pourrez l’appliquer en confiance sur un vrai kicker de snowpark. Pour débuter, optez pour une planche de snowboard avec un cambre plat et un flex souple, qui offre un comportement joueur et plus tolérant pour apprendre ce geste.

Quand le park est-il le plus sûr : matin glacé ou après-midi ramolli ?

Le choix du moment de la journée pour sa session de park est un paramètre souvent sous-estimé par les débutants. Pourtant, les conditions de neige ont un impact direct sur la sécurité, la vitesse et le plaisir. Chaque créneau horaire a ses avantages et ses inconvénients, et le « meilleur » moment dépend en réalité de votre niveau et de vos objectifs.

Le matin très tôt, juste après le passage des dameuses, le park est parfait. Les modules sont fraîchement shapés, la neige est dure, lisse et rapide. C’est le « hero snow » : la glisse est prévisible, idéale pour les riders confirmés qui cherchent de la vitesse pour des rotations complexes. Pour un débutant, c’est un tout autre tableau. Cette neige glacée ne pardonne aucune erreur de carre et les chutes sont extrêmement douloureuses. C’est le moment le plus risqué pour apprendre.

À l’opposé, en fin d’après-midi, surtout au printemps, la neige se transforme en « soupe ». Elle est lourde, humide et lente. Les réceptions sont souvent défoncées par les passages répétés, rendant les trajectoires moins prévisibles. Cependant, cette neige ramollie a un avantage majeur pour les débutants : elle amortit considérablement les chutes et agit comme un frein naturel, limitant les prises de vitesse excessives. C’est un environnement plus clément pour oser ses premières tentatives, même s’il est moins agréable à rider.

La fenêtre idéale se situe souvent en milieu de matinée. La neige a eu le temps de « décailler » légèrement sous le soleil : elle perd son aspect glacé tout en restant ferme. Cet équilibre parfait entre fermeté et un peu de souplesse offre à la fois une bonne glisse et un amorti acceptable en cas de chute. C’est le moment où le park est le plus agréable pour tous les niveaux, mais c’est aussi souvent là que l’affluence est la plus forte. Le tableau suivant résume ces conditions.

Analyse Risque vs Bénéfice selon les conditions de neige
Horaire Avantages Inconvénients Recommandation
Matin glacé (8h-10h) Neige prévisible, rapide, peu de monde, modules parfaitement shapés après le passage des dameurs Chutes très douloureuses, carres non négociables, risque accru pour débutants Pour riders confirmés
Fenêtre idéale (10h-12h) Neige qui commence à décailler, équilibre parfait entre fermeté et souplesse Affluence croissante Optimal pour tous niveaux
Après-midi ‘soupe’ (14h-17h) Chutes moins douloureuses, pardonne les erreurs, frein naturel sur la vitesse Vitesse imprévisible, modules défoncés, foule dense Pour débutants privilégiant le confort

Pourquoi la norme EN1621-2 niveau 1 est-elle insuffisante pour le snowpark ?

Lorsque vous choisissez une protection dorsale, vous verrez systématiquement une étiquette mentionnant la norme EN1621-2, suivie d’un « Niveau 1 » ou « Niveau 2 ». Pour un débutant, la différence peut sembler minime, mais en termes de sécurité dans un snowpark, elle est colossale. La norme de niveau 1 est, à mon sens, insuffisante pour la pratique du freestyle.

Cette norme européenne définit la capacité d’une protection à absorber l’énergie d’un impact. Pour être certifiée, la protection est soumise à un test standardisé. Pour le Niveau 1, la force moyenne transmise à l’utilisateur après l’impact doit être inférieure à 18 kilonewtons (kN). Pour le Niveau 2, cette exigence est deux fois plus stricte : la force transmise doit être inférieure à 9 kN. Concrètement, une dorsale de Niveau 2 divise par deux la force de l’impact qui atteint votre corps par rapport à une Niveau 1.

Cette différence est fondamentale en snowpark, où les chutes peuvent survenir de plus haut et sur des surfaces plus dures que la neige (rails, boxs, neige glacée). Opter pour une protection de Niveau 1, c’est choisir un équipement qui laisse passer significativement plus d’énergie de choc. Alors que les technologies comme le D3O® et le SAS-TEC™, souvent issues de sports plus extrêmes comme le VTT de descente ou la moto, permettent d’atteindre le Niveau 2 tout en conservant une grande souplesse, il n’y a aucune raison de faire des compromis. En réalité, les protections de Niveau 2 dépassent souvent les standards requis de 40% lors des tests, offrant une marge de sécurité encore plus grande.

Ignorer cette distinction, c’est un peu comme choisir un casque de vélo pour faire de la moto. Les deux protègent, mais pas contre le même niveau de risque. Pour le freestyle, même en tant que débutant, le Niveau 2 est le seul choix raisonnable. C’est un investissement minime pour une augmentation drastique de votre sécurité.

L’erreur de garder un casque visuellement intact après une chute violente

C’est une erreur de jugement courante et extrêmement dangereuse. Après une chute où la tête a heurté violemment le sol ou un module, le premier réflexe est d’inspecter son casque. S’il n’y a pas de fissure visible, pas de grosse bosse, on a tendance à se dire « Ouf, il a tenu, je peux continuer ». C’est ignorer complètement comment un casque est conçu pour fonctionner.

Un casque de ski ou de snowboard est une protection à usage unique en cas de choc majeur. Sa fonction n’est pas d’être indestructible, mais d’absorber l’énergie de l’impact à la place de votre crâne. Cette absorption se fait grâce à la couche interne en mousse EPS (polystyrène expansé). Lors d’un choc violent, cette mousse se comprime de manière permanente et irréversible pour dissiper la force. Même si la coque externe en plastique semble intacte, la structure interne est endommagée. Le casque a fait son travail, mais il a sacrifié son intégrité structurelle. Une étude souligne d’ailleurs qu’avec un casque, le risque de blessure à la tête diminue de 35%, prouvant son efficacité.

Garder un casque qui a subi un choc violent, c’est comme utiliser un airbag qui s’est déjà déclenché. Il ne vous protégera plus efficacement lors de la prochaine chute. Après un impact significatif, vous devez systématiquement inspecter minutieusement votre casque, non pas pour décider s’il est encore bon, mais pour confirmer qu’il faut le remplacer. Recherchez des micro-fissures sur la coque externe, pressez doucement la mousse interne pour détecter des zones qui restent enfoncées, et vérifiez l’intégrité du système d’attache. De plus, n’oubliez pas la règle des 5 ans : les matériaux se dégradent avec le temps, même sans choc. Un casque doit être remplacé après cette période, quoi qu’il arrive.

À retenir

  • La sécurité en snowpark repose sur une compréhension des flux et des zones aveugles, pas seulement sur la technique.
  • Le choix de l’équipement (protections niveau 2, casque adapté) et son entretien (remplacement après un choc) sont non négociables.
  • L’apprentissage est plus sûr et efficace lorsque les conditions (neige souple, faible affluence) et la technique de base (le « pop ») sont maîtrisées.

Boardercross en famille : comment gérer la vitesse et les virages relevés avec des enfants ?

Le boardercross, avec ses virages relevés, ses bosses (woops) et ses petits sauts, est souvent perçu comme la porte d’entrée la plus ludique au monde du freestyle, particulièrement en famille. C’est un excellent terrain de jeu, à condition d’y appliquer les mêmes principes de « grammaire du park » : gestion des flux, anticipation et communication. Avec des enfants, ce dernier point devient absolument crucial.

La principale difficulté en boardercross est la gestion de la vitesse et des trajectoires dans un espace partagé. Contrairement à une ligne de sauts où chacun passe à son tour, ici, plusieurs personnes peuvent se trouver sur le parcours simultanément. Avec des niveaux et des gabarits différents, le risque de collision dans les virages relevés est réel. La règle de base est simple : le rider en aval (celui qui est devant) a toujours la priorité. C’est à vous, en tant que parent suiveur, d’anticiper la trajectoire de votre enfant, de maintenir une distance de sécurité et d’adapter votre vitesse.

Avant de vous lancer, établissez un code de communication non-verbal simple et clair. Les cris se perdent dans le vent et derrière les casques. Des gestes simples peuvent faire toute la différence pour assurer la sécurité du groupe :

  • Main levée paume ouverte : Stop immédiat. Ce signal est utilisé en cas de danger ou de chute devant.
  • Bras tendu vers le bas avec mouvement de pompe : Ralentir. Utile avant une section technique ou si la vitesse devient trop élevée.
  • Pouce levé : Tout va bien, on peut continuer. C’est un check de sécurité rapide.
  • Pointer une direction : Indique un changement de trajectoire pour éviter un obstacle ou un autre usager.

Enfin, apprenez à vos enfants à utiliser les virages relevés non pas pour accélérer, mais pour contrôler leur vitesse. En montant plus ou moins haut dans la courbe, on peut réguler son allure. Commencez par les faire passer au bas du virage, là où la force centrifuge est la moins forte, puis encouragez-les à monter progressivement pour sentir la prise de carre et le contrôle que cela procure. Le boardercross en famille est une formidable école de la « lecture de terrain » et de la conscience des autres.

En fin de compte, aborder le snowpark avec respect et intelligence est la meilleure des stratégies. En comprenant sa logique interne plutôt qu’en appliquant aveuglément des conseils, vous vous donnez les moyens de progresser durablement et en toute sécurité. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à passer du temps dans le park, en commençant par le plus simple : observer.

Rédigé par Julien Tessier, Coach Freestyle et ancien snowboardeur professionnel, juge régional sur les compétitions de slopestyle. Il décortique la culture ride, la sécurité en snowpark et la progression en snowboard.